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L’art comme relique?

  • Essai
  • Arts
  • Fondation PHI
Par  Daniel Fiset  &  Kim Johnson

Thème: L’art comme relique

Dans son exposition L’explorateur de reliques, l’artiste multidisciplinaire Larry Achiampong propose l’idée d’un escadron panafricain qui aurait pour mission d’écouter, de préserver et de partager avec l’autre les témoignages de différentes personnes de descendance africaine. Les explorateurs de reliques sont donc des collectionneurs de vérités et d’héritages culturels. À travers cet essai, nous réfléchissons sur les mots employés pour décrire l’univers imaginaire futuriste de l’artiste et nous les interprétons.

Définitions

De la définition du mot relique dans le dictionnaire Larousse, nous retenons sa connotation précieuse et sacrée. L’artiste britanno-ghanéen Larry Achiampong associe la relique à l’histoire orale et mise sur l’expérience humaine plutôt que sur les vestiges tangibles d’anciennes croyances. Grâce à leur pouvoir d’écoute et leur bienveillance envers le vécu de leurs ancêtres, les explorateurs de reliques recueillent des témoignages précieux. Aux yeux de l’artiste, le futur de l’humanité repose sur sa capacité à reconnaître les erreurs du passé et à en tirer une leçon d’humilité et de respect.

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Les figures de l’explorateur présentées dans l’univers futuriste de Larry Achiampong sont caractérisées par leur devoir de recherche et d’écoute. Contrairement à la vision colonialiste souvent associée à ce rôle, ces figures sont guidées et stimulées par le désir profond de connecter avec leurs ancêtres. Défendant la liberté, la justice et l’égalité, elles visent l’épanouissement personnel et universel à travers le partage avec l’autre de témoignages oubliés, oppressés et effacés.

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Si elle inspire à Achiampong une série de motifs et de figures, comme celle de l’explorateur, la science-fiction lui permet aussi d’imaginer un autre possible. Achiampong y raconte les impacts de changements projetés sur des mondes futuristes: son œuvre représente un regroupement panafricain, une union de 54 pays qui mettent en commun leurs différentes ressources et leurs cultures diverses dans le but d’augmenter la prospérité collective. Comment les individus et les groupes y négocieront-ils le renouvellement de leur cohabitation? Quelles alliances pourront-ils y former? Quels seront les principes sur lesquels ils seront en accord ou en désaccord? Quelles reliques y seront trouvées, et que symboliseront-elles à l’avenir?

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Par la science-fiction, les artistes peuvent repenser les découpages nationaux, des façons inédites de diviser et d’occuper le territoire, dans lesquelles on peut célébrer d’autres valeurs communes et militer en faveur de relations réparatrices. Dans les œuvres d’Achiampong, la juxtaposition de la science-fiction et de la nation permet de revoir certains des principes qui forment les constructions nationales contemporaines, mais cela permet également de critiquer leur rigidité, leur manque d’ouverture et de souplesse, et les violences qu’elles engendrent.

Toutes les définitions de cet essai sont tirées de l’édition en ligne du dictionnaire Larousse.

Mouvements

L’outil Mouvements: Larry Achiampong + Jamilah Sabur est conçu par l’équipe de l’éducation à la Fondation PHI afin d’encourager les visiteurs à développer en profondeur certains concepts clés explorés par les expositions Larry Achiampong: L’explorateur de reliques et Jamilah Sabur: La montagne fredonne sous l’océan.

Auteur·trice·s

Daniel Fiset
Daniel Fiset est un travailleur culturel basé à Tiohtiá:ke/Mooniyang/Montréal. Détenteur d'un doctorat en histoire de l'art de l'Université de Montréal, il a collaboré avec de nombreuses institutions québécoises et canadiennes en arts visuels, dont OPTICA, esse arts + opinions et le Musée d'art contemporain des Laurentides. Il occupe actuellement le poste de commissaire adjoint à l'engagement à la Fondation PHI pour l'art contemporain, et a été le commissaire de l’exposition de la résidence PHI MONTRÉAL 2021.

Kim Johnson
Kim Johnson est éducatrice et chargée de projet à la Fondation PHI. Elle a complété un baccalauréat en Éducation de l’art à l’Université Concordia en 2016. Kim s’investit dans la démocratisation de l’art visuel à travers ses projets pédagogiques et artistiques au sein de divers centres communautaires et d’institutions culturelles de Montréal, dont le Musée des beaux-arts de Montréal, à titre de médiatrice culturelle. Artiste visuelle, elle puise son inspiration dans les connexions humaines, le féminin et la nature. Kim affectionne particulièrement la peinture ainsi que la linogravure.


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