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Photo: Felix & Paul Studios / Space Explorers: The ISS Experience, produit par Felix & Paul Studios en association avec Time Studios

L’INFINI: entre poésie spatiale et expérience multisensorielle (inspirant)

  • Entrevue
  • Studio PHI
Par  Catherine Martellini

Phoebe Greenberg, Marie Brassard et Annabelle Fiset s’entretiennent sur la fascination de l’humain pour l’espace et sur les questions existentielles qu’elle soulève. Elles partagent leur vision poétique de cette quête universelle et personnelle qui a mené à la création de l’expérience immersive unique L’INFINI, inspirée des missions de la NASA et d’images exclusives captées dans l’espace par Felix & Paul Studios, lauréats d’un prix EMMY® en 2021.

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Photo: Melissa Taylor Photography / L'INFINI à Houston

Créé par INFINITY EXPERIENCES, une co-entreprise fondée en avril 2020 entre Studio PHI et Felix & Paul Studios, deux pionniers majeurs de l'industrie XR, dont l'objectif est de créer et de distribuer des projets avant-gardistes à grande échelle par le biais d'expositions et d'installations spatiales et immersives telles que l'expérience géolocalisée révolutionnaire L'INFINI.

L'INFINI est une installation immersive révolutionnaire qui associe des technologies d'immersion de pointe et de l'art numérique, afin de transporter les participants à l'extrême frontière de l'exploration spatiale humaine. Entièrement immergés dans des casques de réalité virtuelle, les visiteurs peuvent simultanément explorer l'ISS, interagir les uns avec les autres sous la forme d'avatars et accéder au contenu cinématographique VR de Space Explorers: The ISS Experience, primé par un EMMY, basé sur le plus grand projet médiatique jamais produit dans l'espace.

Une combinaison de plusieurs couches de réalité différentes telle que celle-ci n'a jamais été réalisée. Pour la première fois, des personnes de tous âges et de tous horizons sont en mesure de témoigner de la promesse des environnements numériques immersifs.

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Photo: Melissa Taylor Photography / L'INFINI à Houston

Imaginons un instant ce qu’ont pu ressentir les astronautes qui ont assisté pour la première fois au spectacle époustouflant de la Terre vue de l’espace. Phoebe Greenberg, chef de la création, Marie Brassard, conceptrice et scénariste et Annabelle Fiset, directrice de création, se sont laissé guider par la beauté qui se dégageait des témoignages de ces explorateurs et exploratrices du cosmos pour créer cette expérience ambitieuse et transformatrice.

Au-delà de reproduire des images qui émerveilleraient les spectateurs et montreraient notre capacité à dépasser nos limites, L’INFINI se voulait une rencontre entre les visiteurs, les astronautes et l'art contemporain.

Dans ce projet d’envergure, les trois femmes faisaient partie de l’équipe de création qui devait unifier l’art, la technologie et la science afin que l’expérience proposée demeure profondément humaine. Comment en effet s’éloigner des archives et artefacts de l’espace pour que les visiteurs vivent émotionnellement tout ce qu’un astronaute a pu ressentir lors de son voyage d’exploration spatiale? Un défi de taille qui consistait à contextualiser les images tournées à l’aide des caméras de réalité virtuelle de Felix & Paul Studios dans la SSI pendant deux ans et demi afin de transmettre le vécu du voyage d’un astronaute dans son intégralité: de son rituel de départ, en passant par son arrivée dans l’espace jusqu’à son retour sur Terre. 

Les trois créatrices souhaitaient ultimement que cette expérience témoigne de ce que nous pouvons accomplir en tant qu’espèce et qu’elle célèbre également notre capacité à nous rassembler à nouveau derrière un rêve commun.

Les extraits sélectionnés de cette conversation ont été édités par Catherine Martellini pour des fins de clarté et de longueur.

« À l'aide d'une conception architecturale, d'une technologie libre et d'une œuvre d'art commandée à l'artiste japonais Ryoji Ikeda, nous nous sommes inspirés de la fascination globale de l'humanité pour l'espace, en intégrant le point de vue poétique des astronautes. Il était essentiel pour nous de faire découvrir au public les particularités de la vie dans l'espace et de lui permettre de sentir sa présence à bord et à l'extérieur de l'ISS. »

Phoebe Greenberg

fondatrice de PHI
et chef de la création de L'INFINI

la fascination de l'homme pour l'espace

Quel est votre premier souvenir de l’espace?

ANNABELLE FISET: On était en famille à la campagne et il y avait des tonnes de lucioles partout. Au beau milieu de ce champ clignotant, mon père m'expliquait le scintillement des étoiles, qu’elles ressemblaient à de petits soleils qui explosent, avec une vie et une mort. Mon intérêt pour l'espace, qui n'était pas si grand à l'époque, a donc vraiment commencé par les étoiles.


Sommes-nous conditionnés à dépasser nos limites en tant qu'espèce?

PHOEBE GREENBERG: Notre fascination pour ce qui se trouve au-delà de nos frontières est innée et existait même dans le monde antique: on a qu’à penser à l'utilisation des étoiles comme outils de navigation et à la perspective qui a permis d’établir dès lors que la Terre était ronde. J’aborde aussi cette notion de démystification de notre relation au cosmos à travers divers mythes et en essayant de la placer dans un contexte que nous comprenons. Dans notre découverte de soi et notre rapport au cosmos, je crois qu'il y a cette réflexion sur Qui suis-je face à l'immensité de l'infini? C'est une dualité à laquelle nous sommes tous confrontés et qui a laissé des traces dans l'art et la science de l'humanité.

MARIE BRASSARD: On dirait que ça fait partie de nous: l'idée d'essayer de comprendre le sens de notre existence, d'où nous venons, pourquoi, et ce qu'il y a au-delà. L’idée que nous pourrions être la seule espèce vivante dans tout le cosmos nous donne le vertige. J’appelle cette quête « l'appel de la lumière ». Les Grecs croyaient que la lumière qui nous permettait de voir le monde qui nous entoure venait de l'intérieur de nous. Ils ont ensuite compris qu’elle venait de très loin. Je pense que c’est à partir de cette prise de conscience et de ce désir de comprendre d’où venait la lumière qu’est née l'invention du télescope. La recherche de la lumière, dans un sens très élémentaire, mais métaphorique aussi, a inspiré nombre de philosophes, de religieux, d’artistes et de scientifiques. Et elle a servi de fondement pour la création de l’œuvre.


Qu'apprenons-nous sur nous-mêmes en tant qu'êtres humains?

MARIE: Une des choses qui s’est dégagée des témoignages des astronautes est cette réalisation du miracle de notre existence. L'exploration spatiale nous a également fait prendre conscience d’à quel point nous sommes fragiles et insignifiants dans cet univers, mais aussi de la valeur inestimable de toutes les créatures vivantes. La recherche de solutions pour préserver la planète est un des aspects de la recherche spatiale que j’aime le plus. Comment pouvons-nous essayer de prendre soin de la planète et de la maintenir en vie? On doit absolument prendre soin de ce cadeau rare de la vie, l’entretenir, le traiter avec un grand respect.

PHOEBE: Je pense qu'il y a aussi un sentiment de perte d'ego. Lorsque les astronautes quittent la planète, ils laissent littéralement derrière tous les codes cumulés de leur propre identité qui forgeaient leur personnalité. Ils se retrouvent dans l'espace pratiquement comme un observateur neutre. Toute la science et l'imagination qu'il a fallu pour amener ces personnes à cette perspective ont révélé le sens de leur propre humanité. Mais comme cela se rapporte à nous tous, la notion de «Qui suis-je» cède le pas à celle de «Qui sommes-nous?».

MARIE: Je trouve aussi que le fait que les astronautes soient dépouillés de leur identité, et que les gens de l'ISS viennent de toutes les régions du monde ajoute à la beauté de la quête. Car avant d’être une quête nationale, politique ou autre, elle est d’abord une quête humaine. Lorsque ces astronautes, qui sont des scientifiques avec tant de connaissances et d'expérience, se retrouvent tous ensemble dans la petite cellule flottante de l'ISS, on sent vraiment qu'ils sont de simples humains, généreux et avec beaucoup de cœur. Dans leur témoignage [dans L'expérience L’INFINI], ils parlent parfois de leurs rêves lorsqu'ils étaient enfants, et de la façon dont le ciel étoilé les fascinait. Ces rêves d'enfant les unissent.


Quelle vision vouliez-vous proposer pour le projet en tant que chefs de la création?

PHOEBE: Nous venons toutes les deux d'une pratique théâtrale. Nous voulions réfléchir au corps physique et à la façon dont il réagit au fait de quitter la Terre. Nous nous sommes donc inspirés de certaines lectures, en particulier de la poésie qui ressortait des témoignages des astronautes. Comment pouvons-nous apporter cette perspective à un public? Il était vraiment important pour nous que le visiteur ressente une transformation et qu’il ait le sentiment d’être au-delà de ce qu'il comprend de notre monde terrien.

MARIE: Quand on pense à la réalité virtuelle, on pense toujours au fait que tout se passe dans l'esprit, comme si on n’a pas de corps. Nous avons essayé de rendre cette expérience très physique par divers moyens: les gens bougent, ils ont l'impression réelle de voyager dans l'ISS, de marcher dans l'espace, de voir la planète autour d'eux, et finalement, de vivre l'effet d'ensemble. C'est très physique et émotionnel. Nous voulions que les gens aient le sentiment d'avoir vécu une expérience qui les a profondément changés, d'un point de vue philosophique, personnel et physique. Un de nos souhaits était que, lorsque les gens sortent de cette expérience, ils ressentent un peu la même chose que les astronautes lorsqu'ils regardent la Terre et ressentent à quel point la nature et la vie sont précieuses. Si nous réussissons à faire en sorte que les gens sortent de là et aient cette sorte d'épiphanie, nous aurons atteint notre objectif.

PHOEBE: C'est vrai. Souvent, ce type de présentation est abordé sous l’angle des archives scientifiques, avec des artefacts de l'espace. Mais nous voulions vraiment intégrer le travail de Félix et Paul d'une manière poétique. Nous avons examiné les territoires de certains artistes et architectes contemporains et avons choisi de porter notre attention sur l'évolution humaine en relation avec l'appel des étoiles. Nous avons réfléchi à la dynamique de la relation entre l'homme et l'espace pour créer une ligne narrative et mettre en évidence ce que Félix et Paul ont réalisé: nous donner un sentiment de présence, le sentiment d'être transportés à travers leur contenu. Par exemple, nous nous sommes intéressées à l'artiste réaliste Ryoji Ikeda notamment pour sa réflexion sur le son et les données qui vont au-delà de la perception humaine. Son travail examine vraiment l'immensité de l'univers, et notre relation de ce que cela signifie de comprendre notre présence sur terre à un niveau macro et micro. Non seulement il est un compositeur électronique et un artiste visuel, mais sa création est présente dans toute l'exposition. Grâce à ses algorithmes basés sur des données, la trame sonore parle un langage similaire à celui que nous ressentons dans le territoire de l'exploration spatiale.

MARIE: Pour ajouter à cela, oui, cette trajectoire nous fait sentir qu’il y a d’abord un départ, puis un voyage à travers l'art et à travers le cosmos, pour enfin revenir lentement sur Terre, mais en se sentant différent.

origine du projet

Comment l'idée d'une exposition XR à grande échelle a-t-elle émergé?

PHOEBE: Nous avions une occasion extraordinaire de présenter ces images brutes tournées dans l'espace. Les caméras de réalité virtuelle de Felix & Paul sont les seules caméras RV de la station spatiale. Nous avions vraiment une énorme responsabilité quant à la contextualisation de l'expérience de ces images transformatrices. L'expérience du visiteur était aussi importante. Dans le contexte de cette exposition, nous avons créé un parcours libre grâce à l'utilisation d'avatars et d'une image filaire de l'ISS. Ainsi, non seulement vous sentez que vous marchez dans l'ISS et dans ses dimensions, mais vous voyez d'autres personnes avec vous, qui sont des avatars que nous percevons à travers le contenu et à travers l'interactivité de la technologie. C'est donc une véritable aventure.

Nous n'avions pas seulement la technologie, mais aussi une ligne narrative qui nous a aidés à entrer dans ce monde. Nous avons essayé de trouver un langage qui rende la relation entre les images réelles captées dans la ISS et ce que nous vivons dans le monde physique aussi poreuse que possible, afin que le visiteur n'ait pas l'impression de s'en remettre uniquement à la technologie pour comprendre l'histoire, mais qu'il fasse réellement l'expérience de la poésie de la quête humaine.


Quels ont été vos défis en tant que créatrices?

MARIE: C’est un travail très collectif : il y a énormément de personnes aux compétences spécifiques impliquées dans le développement d'une telle expérience. Alors vous devez apprendre à lâcher prise et à compter les uns sur les autres.

PHOEBE: Nous sommes devenues les gardiens de la poésie. Comme Marie l'a suggéré, l'équipe a prototypé de nombreux éléments à partir de ces images exclusives. C'est un accomplissement vraiment étonnant, juste dans le monde technique. Quand je dis « gardiens » de la poésie, je le dis avec humour, mais nous voulions nous le rappeler sans cesse pour qu’elle ne soit pas perdue en chemin parmi les exigences techniques et la manière de concevoir ces détails qui relèvent vraiment de la technologie et de la science. Nous voulions conserver la vision fondamentale selon laquelle il s'agit d'une expérience poétique et humaine.

MARIE: J'ai ressenti comme une responsabilité, en plus de celle d'artiste, de protéger la cohérence de l'expérience et de développer une proposition où chaque élément de l'ensemble de l'expérience a du sens et trouve sa place dans la construction de cette histoire.

PHOEBE: Oui. Un des avantages de notre boîte à outils reposait sur le fait qu’elle ne comprenait pas d'artefacts. La monumentalité d'une fusée ou d'une navette spatiale n'existait donc pas. Notre boîte à outils a consisté à réfléchir à la façon dont nous allions utiliser les éléments architecturaux et les éléments de lumière et de son. Ce n'est pas vraiment différent des éléments que l'on peut trouver dans le théâtre. Nous nous sommes toutefois appuyés sur les aspects poétiques de cette expérience pour soutenir le contenu de la station spatiale au lieu de nous appuyer sur ces éléments qui ne sont qu'une compréhension plus académique de l'histoire de l'exploration spatiale.

MARIE: J’ai trouvé magnifique la façon dont Félix et Paul se sont impliqués et ont fait participer les astronautes à cette expérience. Les astronautes manipulent eux-mêmes la caméra dans l'ISS. Ils répondent aux questions, mais ils deviennent aussi des créateurs d'une certaine manière. On a vraiment l'impression qu'il s'agit de simples humains qui partagent leur expérience de ce voyage et de ce spectacle extraordinaire. On ne voit pas les scientifiques en eux.


Les idées les plus incroyables ont pu être réalisées avec L'INFINI. Parlez-nous de votre expérience en tant que directrice de création.

ANNABELLE: C’est l’histoire d’une histoire – de plusieurs histoires, en fait – qui jettent les bases de celle qui est racontée ici et qui la façonnent. C'est aussi la rencontre entre un millier de visages qui se concentrent sur un seul projet, entre tous ces gens qui se sont réunis et ont donné le meilleur d'eux-mêmes pour créer une expérience unique, même durant une année qui a réservé tant de surprises.

Quand je suis arrivée à bord de L’INFINI (qui n’avait pas de nom encore à ce moment-là), l'idée de base reposait sur la création d’un projet unique, composé de quatre artistes de renom, Phoebe Greenberg, Félix Lajeunesse, Paul Raphaël et Marie Brassard. En s’apprêtant à travailler ensemble pour la première fois, notre petit groupe débordait de rêves, d'histoires et d'énergie. Il y avait également le contenu étonnant, produit par Felix & Paul Studios. C’était tout ce qu'il fallait pour faire naître cette idée qui allait mener à un voyage aussi exceptionnel et merveilleux. Au cours des semaines et des mois qui ont suivi, L’INFINI s'agrandissait, tout comme son équipe, qui a fini par atteindre plus de 70 personnes. Malgré leurs nombreuses différences, ces personnes avaient une chose en commun : elles avaient accepté de se joindre à nous et de travailler en dehors de leur zone de confort. Nous improvisions tous, guidés par notre seul instinct: personne n'avait jamais fait ce que nous nous apprêtions à faire.

En tant que directrice de création, mon rôle consistait à sauvegarder la vision créative du projet, à s'assurer qu’elle soit transmise et cohérente. Une fois que le quatuor de base avait posé les fondations, il m'incombait de veiller à ce que cet arc narratif soit respecté et préservé par l’équipe créative composée, à son apogée, de 17 personnes. J'avais l'impression d’être un chef d'orchestre qui devait veiller à ce que, de la conception initiale à la production, les musiciens jouent à l'unisson toutes les notes d'une composition destinée à la scène.

La lumière, le rituel, l'attrait des étoiles, le voyage, l'adaptabilité, le vertige, les trous noirs, la transformation sont autant de thèmes sur lesquels les artistes se sont penchés dès le départ pour concevoir un fil narratif. Après des recherches substantielles, de multiples itérations, d'interminables allers-retours, ils ont développé le design et l'expérience d’une grande finesse.

L’INFINI commence par l'installation d'un casque. À partir de là, il devient tour à tour la représentation du départ vers la lumière; un coucher de soleil vu depuis l'orbite; la rencontre avec 16 astronautes à bord d'une station spatiale; un moment magnifique d’apesanteur à couper le souffle à l'intérieur de la Cupola, le module d'observation panoramique de la station; un regard puissant à l'intérieur d'un trou noir, tel qu'imaginé par l'artiste Ryoji Ikeda; un voyage à travers un vortex, un miroir de l'infini revisité; et enfin, un retour sur Terre, avec la vision à jamais transformée qu’a le visiteur de notre planète.

Un projet comme celui-ci comporte de nombreux défis, qui sont à la hauteur du plaisir vertigineux que procure le miroir de l'infini et de celui d'avoir eu la chance d'y participer. Projet ambitieux et de grande envergure, L’INFINI est le reflet de son équipe et de son contenu, qui est un mélange diversifié de visions et d'horizons qui, en fin de compte, s'est fondu dans une œuvre d'une remarquable unité.


Loin d’être passif, le visiteur est un participant actif dans l’expérience, il peut bouger et sentir. Est-ce qu'on peut parler d'un nouveau type de relation entre l'œuvre et les visiteurs ? En ce sens, en quoi l'INFINI se distingue-t-elle d'autres expériences dites immersives?

ANNABELLE: Le visiteur qui expérimentera L’INFINI fait vraiment partie de l’expérience et est un acteur dans la visite. On fait appel à lui pour beaucoup d'interactions, mais il doit aussi faire des choix et prendre des initiatives. C’est cette participation qui démarque L’INFINI des autres expériences immersives.

La trame narrative est présente du début à la fin, mais l’histoire est vécue différemment par chaque visiteur, qui peut choisir son contenu. Après 50 minutes de visite, celui-ci n'aura pas l'impression d'avoir vécu plusieurs histoires, mais bien une seule, qui comporte un début, un milieu et une fin.


De quelle manière la scénographie et la technologie créent-elles l’interactivité?

ANNABELLE: La scénographie est au service de l'expérience en réalité virtuelle et elle doit contribuer à la trame narrative de la visite globale. Les visiteurs doivent avoir confiance en ce qu'ils voient et faire la différence entre ce qui est construit et ce qui ne l'est pas. Les codes visuels créés à cet effet prennent tout leur sens lorsqu'à la fin de l'expérience, ils doivent aller s'asseoir sur une chaise spécialement conçue pour le film en réalité virtuelle.


Pourquoi l'œuvre exclusive de Ryoji a-t-elle été ajoutée à l'expérience?

ANNABELLE: Ryoji Ikeda est notre artiste invité. Il propose une œuvre exclusive au sein de l'expérience. Très tôt dans le projet, il a participé à un brainstorm avec l'équipe créative. Nous voulions qu'il sente qu’il faisait partie intégrante du projet et qu’il n’était pas simplement un ajout. Ryoji a été choisi parce que son travail intègre le son, les images, la physique et les mathématiques. Il allie démarche artistique et démarche scientifique pour un résultat à chaque fois époustouflant et très ancré dans l'art contemporain. Ryoji assure aussi la signature sonore globale de l'expérience.

la relation entre l'espace et la nature

Notre voyage dans l'espace a influencé notre vision de la nature humaine et de la place de l'humanité dans l'univers. Comment l'exploration spatiale nous a-t-elle incités à réfléchir à notre relation avec la nature?

PHOEBE: Je crois que le but de ces programmes spatiaux consiste à ce que l'humanité évolue potentiellement vers une espèce interplanétaire. Notre désir d'introduire des matériaux organiques vers la fin de l'exposition s'inspire en partie des expériences scientifiques réalisées sur la station ISS elle-même. Ils envoient des tissus organiques, qu'ils soient humains, animaux ou végétaux, et essaient de comprendre comment l'apesanteur influence cette matière. Il y a également ce désir de voir si nous pouvons recréer des conditions favorables aux humains pour vivre en dehors de la planète Terre. Nous voulions donc rendre hommage à toute la réflexion qui accompagne ce désir de devenir une espèce interplanétaire évoluée. Si nous devions imaginer un jardin ou une vie créée en dehors de cette planète, elle ne serait pas nécessairement soumise aux règles de la Terre. Nous cherchions donc une sorte de poésie derrière les nouveaux modes de vie dans d'autres mondes.

MARIE: Nous avons donné un nom à chaque section de l’expérience. La fin de celle-ci s’appelle L'origine. J’aime bien que nous l'appelions ainsi parce qu'elle se termine, comme l'a dit Phoebe, par une sorte d'imagerie organique, comme si nous revenions sur Terre, mais aussi comme si nous arrivions dans une autre sorte de futur, ailleurs peut-être. Le sens reste ouvert. Elle évoque l'origine de notre existence et de notre condition humaine, et en même temps, un nouveau commencement, le début d'une vie à la forme inédite. Peut-être que certaines personnes transporteront notre nature dans d'autres territoires, tout est possible. Et avec cela viendra peut-être un autre environnement naturel, et d'autres inventions humaines qui mèneront à une autre façon de vivre. Il y a tellement de choses que nous ne savons pas. Les secrets de notre existence sont contenus dans les éléments naturels : dans l'eau, dans l'air, dans les plantes qui poussent, dans l'animal que nos cellules connaissent déjà. Nous sommes faits de poussière d'étoiles. Nous sommes la nature, et sans elle, nous n'existons pas. Inquiets pour l'avenir de l'humain et de notre planète, nous avons pensé qu'il était important d'aborder cela dans l'expérience.

« Le public n’a plus à se contenter de regarder des histoires sur les vols spatiaux. Nous pouvons vraiment leur donner l'impression d'être des participants afin qu'ils puissent vivre le voyage d'un astronaute. »

Félix Lajeunesse

co-fondateur de Felix & Paul Studios
et chef de la création de L’INFINI

Crédits

Créée et produite par



Une co-entreprise de






En collaboration avec



Artistes

  • Conception et scénarisation:
    Phoebe Greenberg
    Felix Lajeunesse
    Paul Raphaël
    Marie Brassard

  • Collaboratrice à la direction artistique:
    Marie Brassard

  • Directrice de création:
    Annabelle Fiset

  • Artiste invité, concept et composition:
    Ryoji Ikeda

Leadership exécutif

  • Producteurs exécutifs:
    Eric Albert
    Stéphane Rituit

  • Chef de la Technologie:
    Pierre Blaizeau

  • Chef des Finances:
    Marie-Chantal Ménard

  • Productrice:
    Julie Tremblay
    Productrice de tournée:
    Kerri Drake

Œuvre interactive et cinématographique, réalité virtuelle

  • Directeurs de création et artistique:
    Felix Lajeunesse
    Paul Raphaël

    Chef de l'interactivité numérique:

    Rustle Hill

    Productrice de l'expérience interactive:

    Coline Delbaere
    Directrice de production interactive:

    Joëlle Boulianne
    Liliane Hudecova
    Gestionnaire de projet Technologie:

    Noémie Forestier
    Gestionnaire de projet Technique:

    Mathieu Désert

  • Contenu éditorial cinématographique:
    Simon-Emmanuel Roux
    François Beaupré-Goulet
    Charles Tranquille
    Jimmy Hayes

    Chef de postproduction cinématographique:

    Jacques Levesque
    Producteurs postproduction cinématographique:

    Eleonore Tuvache
    Joëlle Boulianne
    Gestionnaire de postproduction cinématographique:

    Liliane Hudecova

  • Généraliste 3D:
    Kim Fredette
    Directeur artistique et généraliste 3D:

    Ran Sieradzki
    Directeur technique Unreal:

    Tanya Desjardins de Libero
    Développeurs application interactive:

    Alex Quevillon
    Chris Goossen
    Technologiste VR interactive:

    Thomas Azoug
    Lead développeur système:

    Stephane Goyette
    Développeur:

    Vincent Bilodeau
    Programmeur généraliste senior:

    Éric Desjardins

  • Core Technologies Group:
    Florent Cohen
    Lead QA:
    Kevon Romain

    Design sonore et supervision musicale par:

    Headspace Studio
    Superviseur son:

    Jean-Pascal
    Beaudoin
    Designer sonore et Lead technique:

    Viktor Phoenix
    Compositeur:

    Frederic Begin
    Éditeur dialogue:

    Mike Ritchie

Ce projet a été créé avec la participation des astronautes et cosmonautes suivants:

  • Administration nationale de l'aéronautique et de l'espace:
    Anne McClain
    Christina Hammock Koch
    Nick Hague
    Jessica Meir
    Andrew R. Morgan
    Victor J. Glover
    Christopher Cassidy
    Douglas Gerald Hurley
    Robert Louis Behnken
    Kathleen Rubins
    Shannon Walker
    Michael S. Hopkins

  • Agence spatiale canadienne:
    David Saint-Jacques

    Agence Spatiale Européenne:

    Luca Parmitano

    Agence d'exploration aérospatiale japonaise:

    Soichi Noguchi

    Centre spatial Mohammed Bin Rashid:

    Hazzaa AlMansoori

  • Société d'État Roscosmos pour les activités spatiales:
    Oleg Dmitriyevich Kononenko
    Aleksey Nikolayevich Ovchinin
    Aleksandr Aleksandrovich Skvortsov
    Oleg Ivanovich Skripochka
    Sergey Nikolayevich Ryzhikov
    Sergey Vladimirovich Kud-Sverchkov
    Anatoli Alekseyevich Ivanishin
    Ivan Viktorovich Vagner

  • Centres Spatiaux:
    Laboratoire national américain de la SSI
    Agence spatiale canadienne
    Société d'État Roscosmos pour les activités spatiales
    Agence d'exploration aérospatiale japonaise
    Agence Spatiale Européenne

Opérations VR

  • Directeur des technologies:
    Marc-André Nadeau

    Coordonnateur des opérations VR:

    Joël Guerin-Simard

  • Développeur système de monitoring:
    Thomas Azoug

    Interface de monitoring développé par:

    Logient

  • Gestionnaire de l'expérience visiteur:
    Nancy Hameder

  • Techniciens VR:
    Jeremy Felker
    Jonathan Hardy
    Dominic Pagé
    Madison Dinelle
    Samuel Comtois

Scénographie

  • Scénographe:
    Laurent Monnier
    Artiste vidéo, Vortex:

    George Fok
    Programmation graphique numérique, œuvre de Ryoji Ikeda:

    Norimichi Hirakawa
    Ryo Shiraki
    Tomonaga Tokuyama
    Concepteur éclairage:

    Etienne Boucher

    Directrices de production:

    Valérie Gareau
    Isabelle Brodeur

  • Coordonnatrice de production:
    Laurence Dupont

    Directeur technique:

    Nicolas Jobin
    Sylvain Tessier
    Assistant directeur technique:

    Michael Lefebvre
    Directeur technique, son:

    David Simard
    Consultant multimédia:

    Erick Villeneuve
    Développeur de la station UV et achat:

    Frédéric Segard

  • Construction par:
    Scène Éthique

    Merci à nos collaborateurs au décor:

    Raphael Brien Bannière Gréage et Structure inc
    Robocut
    Sollertia
    Studio Artefact

  • Équipement technique fourni par:
    Ambiofonik
    Creative Lab
    Espace 3D
    LSM
    Show Distribution

    Technical Integration provided by:

    Élévation

Marketing et relations publiques

  • Directrice marketing:
    Scarlett Martinez

    Lead marketing & stratégie:

    Joanne Tremblay

  • Gestionnaire au contenu marketing:
    Claudia Guerra

    Productrice marketing:

    Sarah Rochefort

  • Chef, Partenariats nouveaux médias et RP:
    Myriam Achard

    Gestionnaire de projets, Relations publiques:

    Pierre-Olivier Marinier Leseize

  • Directeur artistique:
    Michel Ouellette

    Agent de communication:

    Andrew Gray

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