Exposition • Art contemporain
23 oct. → 8 mars
Manuel Mathieu: Unité dans la noirceur
451, rue Saint-Jean
407, rue Saint-Pierre
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Un voyage entre l’univers marin et l’imaginaire céleste
Josèfa Ntjam est artiste, performeuse et écrivaine. Sa pratique mêle sculpture, photomontage, film et son. Elle puise la matière première de son travail sur Internet, ainsi que dans des ouvrages de sciences naturelles et des archives photographiques. Par la technique de l’assemblage – d’images, de mots, de sons et de récits –, elle déconstruit les discours dominants sur l’origine, l’identité et la construction de la race. Ntjam élabore des cartographies utopiques et des fictions philosophiques où s’entrelacent imaginaires technologiques, voyages intergalactiques et civilisations sous-marines hypothétiques.
swell of spæc(i)es [houle d’espæces] (2024) est une installation immersive qui plonge le public dans un univers surnaturel composé d’un paysage à la fois cosmique et aquatique, d’un film cyclique, d’un environnement sonore enveloppant, ainsi que de voix narratives émanant de deux sculptures aux allures marines évoquant des méduses. À travers cette œuvre, Ntjam propose un nouveau mythe de la création, fusionnant des conceptions anciennes et émergentes de l’univers, inspirées notamment des récits cosmogoniques dogons et huaorani. Dans ce monde imaginaire, le plancton devient un élément de liaison entre les profondeurs océaniques et l’espace intersidéral, entre le biologique et le mythologique, entre des passés possibles et des futurs imaginés. Chaque personnage du film est constitué d’un mélange d’espèces et de mémoires, synthétisé à l’aide de l’intelligence artificielle et d’autres outils numériques.
L’artiste a également conçu un espace de lecture afin de permettre au public de mieux comprendre sa démarche et les recherches à l’origine de ce projet. Baigné dans une lumière évoquant un lever ou un coucher de soleil perpétuel, cet espace se prête à l’étude, au partage, à la contemplation et au repos.
Ce projet s’appuie sur les recherches menées par Ntjam autour de l’eau, envisagée comme un réceptacle d’histoires et de mythologies multiples: de la domination coloniale et de l’exploitation des ressources à des récits de liberté et de résistance. Il déploie une «ancestralité futuriste» nourrie par le duo de musique électronique Drexciya, originaire de Detroit – dont la mythologie imagine un peuple sous-marin issu de la traite transatlantique –, ainsi que par le compositeur de jazz américain Sun Ra, qui voyait en Saturne la planète d’accueil des peuples de la diaspora africaine.
Comme l’explique l’artiste, swell of spæc(i)es est un processus alchimique en agitation perpétuelle – un alliage de généalogies ancestrales et de technologies contemporaines de création d’images.
Ceci est la première nord-américaine de swell of spæc(i)es, une œuvre initialement commandée par LAS Art Foundation et présentée pour la première fois en tant qu’événement collatéral de la 60e Biennale de Venise.
Commissaire: Marie-Ann Yemsi, MOMENTA
Née en 1992 à Metz (France), Josèfa Ntjam vit et travaille actuellement à Saint-Étienne. Elle a étudié à Amiens, puis à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Sénégal), et est diplômée de l’École nationale supérieure d’art de Paris-Cergy (2017). Ses œuvres et performances ont été présentées dans de nombreuses expositions internationales, notamment à la Barbican Art Gallery (Londres), à l’Arnolfini (Bristol), au Stedelijk Museum (Amsterdam), au Centre Pompidou (Paris), au Palais de Tokyo (Paris), à Lafayette Anticipations (Paris), à LUMA (Arles), au Centre Pompidou-Metz, au Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne, au Cincinnati Contemporary Arts Center, à la Fondation Calouste Gulbenkian (Lisbonne), à Radius CCA (Delft, Pays-Bas), au Mucem (Marseille), à l’Africamuseum (Tervuren, Belgique), au Musée des cultures contemporaines Adama Toungara (Abidjan, Côte d’Ivoire), au WIELS (Bruxelles), au MaMA (Rotterdam), ainsi qu’à la 15e Biennale de Lyon (MAC Lyon). Ntjam est membre du collectif artistique et de recherche Black(s) to the Future, basé à Paris.
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9 sept. 2025
→ En savoir plus
24 sept. 2025
→ En savoir plus
Avant, pendant ou après votre passage, ces outils sont là pour vous accompagner. Ils vous permettent de mieux comprendre les œuvres, de découvrir ce qui se cache derrière les coulisses de l’exposition ou encore de préparer une visite de groupe.
Josèfa Ntjam est artiste, performeuse et écrivaine. Sa pratique associe sculpture, photomontage, film et son. Elle puise la matière première de son travail sur Internet, dans des ouvrages de sciences naturelles et au sein d’archives photographiques. Par l’assemblage d’images, de mots, de sons et de récits, elle s’attache à déconstruire les grands récits fondateurs qui sous-tendent les discours dominants sur l’origine, l’identité et la construction de la race. Son œuvre tisse une pluralité de récits, nourris par des recherches sur des événements historiques, des processus scientifiques et des concepts philosophiques, qu’elle met en tension avec des références à la mythologie africaine, aux rituels ancestraux et au symbolisme religieux.
swell of spæc(i)es propose un nouveau mythe de la création, qui fusionne des manières anciennes et émergentes de concevoir l’univers. L’œuvre prend la forme d’un environnement surnaturel, composé d’un paysage sonore dense, d’un film cyclique et de sculptures lumineuses qui émettent voix et vibrations.
Ce projet s’appuie sur les recherches de Ntjam, portant sur l’eau en tant que réceptacle de multiples histoires et mythologies, allant de la domination coloniale et de l’exploitation des ressources à des récits d’émancipation et de résistance. Elle considère ces récits comme profondément liés, dans la mesure où les déplacements des peuples à travers le monde sont nécessairement marqués ou affectés par l’esclavage et les migrations forcées.
Pour cette œuvre, l’artiste a exploré les liens mythologiques et scientifiques qui unissent les océans et l’espace intersidéral. L’un des points de départ du projet est la découverte récente de calcaire dans les débris d’une ancienne planète en orbite autour des vestiges d’une étoile. Cette étoile, ayant épuisé son combustible nucléaire et perdu ses couches externes, devient ainsi une «naine blanche». Le calcaire est une roche principalement formée par la sédimentation des squelettes de plancton et d’autres organismes marins. Ntjam a porté son attention sur le plancton, organisme caractérisé par ses migrations au gré des courants, qu’elle considère comme un point spéculatif de convergence entre la Terre et l’espace. Son récit débute avec le plancton, vecteur idéal de mémoire entre ces deux mondes.
Dans le film cyclique, des souvenirs de résistance coloniale s’inscrivent dans différentes formes de plancton. Ces créatures hybrides se métamorphosent, changeant au gré des phases de vie et des processus propres aux diverses espèces de plancton. Elles se muent en étoiles rayonnantes, en référence à un phénomène chimique appelé bioluminescence, c’est-à-dire l’émission de lumière par des organismes vivants. Elles créent aussi des boucliers de mucus, avant de se figer en coquilles, fossiles et calcaire. Ces transformations tissent un fil conducteur qui relie personnages et intrigues issus des récits de création dogon et huaorani, pour forger un mythe nouveau et foisonnant. Le mythe dogon conte l’histoire d’Amma, divinité qui a créé les étoiles en lançant des boulettes de terre dans le ciel, et de Nommo, esprits jumeaux de l’eau. Le récit huaorani, quant à lui, évoque un serpent dévorant les étoiles pour engendrer la première végétation, les cours d’eau et la vie marine. Dans la version de Ntjam, Amma projette du calcaire dans l’espace; la roche se fracture, donnant naissance à des astéroïdes et à des étoiles planctoniques lumineuses. Ces étoiles, englouties par un serpent astral, se transforment en fossiles au creux de son ventre. De la gueule du serpent émerge une planète fossile, où Nommo insuffle la vie marine, y compris une pieuvre qui se métamorphose en Amma – et le cycle recommence.
Ce récit de transformation et de résurgence s’incarne dans un alliage d’animation 3D et d’images filmées en aquarium, accompagné d’un paysage sonore conçu par Fatima Al Qadiri. Chaque personnage de ce film cyclique se compose d’un amalgame d’espèces et de mémoires, façonné par l’intelligence artificielle et d’autres outils numériques. Les sources mêlent des modèles 3D de vie marine, des images de statues ouest-africaines conservées dans des collections occidentales, ainsi que des photographies de figures emblématiques des mouvements de libération – telles qu’Elisabeth Djouka, Marthe Ekemeyong Moumié et le grand-père de Ntjam – qui ont combattu les troupes coloniales françaises au sein de l’Union des populations du Cameroun. Ces violences coloniales, largement effacées des archives et récits occidentaux, n’ont vu l’amorce d’un processus de déclassification documentaire qu’en 2022. Ntjam a intégré à plusieurs reprises ces photographies à son œuvre comme un témoignage obstiné face à l’oubli, souvent déployé en collages dans des grottes, des bulles d’eau, des membranes ou des corps célestes. Cette démarche, qui inscrit des histoires contestées dans des paysages et des organismes, s’inspire de l’univers du duo de musique électronique Drexciya, dont la mythologie imagine un peuple sous-marin né des naufrages de la traite transatlantique, et de la vision du compositeur Sun Ra, pour qui Saturne était une planète d’accueil pour les peuples de la diaspora africaine.
La narration du film émane de deux sculptures lumineuses, d’allure marine, rappelant des méduses. La voix occupe une place centrale dans l’œuvre de Ntjam, en tant que vecteur de transmission et de transformation des mythes et des récits au fil des siècles. Ici, elle jaillit d’une perle nichée sous le dôme de chaque méduse, alternant de l’une à l’autre tout au long de la projection. La narration est à la première personne, mais l’identité derrière ce «je» est multiple et en constante mutation. Elle transmet, sur un mode poétique, la mythologie du film à travers une chronique intime, entrelacée de réflexions sur l’interconnexion du vivant et du cosmos et sur les cycles infinis de transformation et de renouveau. La forme des sculptures s’inspire d’une méduse robotique flottante qui apparaît dans la scène d’ouverture du film Space Is the Place, réalisé en 1974 par Sun Ra et John Coney. Elles sont réalisées à partir de matériaux innovants, notamment une résine biosourcée à base de graines de tournesol, de chanvre et de foin.
L’environnement de swell of spæc(i)es est entièrement conçu par l’artiste, depuis l’aménagement topographique des assises jusqu’à l’éclairage, la couleur ambiante et la disposition des œuvres dans la galerie.
En quittant l’installation, vous êtes invité·e à entrer dans la salle de lecture, où vous pourrez contempler, vous reposer et parcourir les livres et les articles ayant inspiré le processus de recherche de l’artiste. L’éclairage des fenêtres a été conçu avec Ntjam pour évoquer un état liminal, pouvant rappeler le lever ou le coucher du soleil.
swell of spæc(i)es ouvre des possibilités de relations échappant aux classifications imposées de l’origine et de l’identité. Son amalgame de sources tisse une cartographie de liens spéculatifs entre les points de vue, projections, conditions et adaptations de cultures et d’espèces variées. L’œuvre propose une «non-origine des espèces» – un récit circulaire qui dialogue avec un univers en perpétuelle expansion. Elle se fait lieu de convergence entre les profondeurs océaniques et l’infini cosmique, entre le biologique et le mythique, entre passés possibles et futurs alternatifs; un mythe de la création sans fin.
Comme le décrit l’artiste, «swell of spæc(i)es est un processus alchimique en constante agitation, un alliage de genèses ancestrales et de nouvelles technologies de création d’images».
1. https://www.youtube.com/watch?v=fgG-QiChiA8
2. https://www.youtube.com/watch?v=owCPrIEliZc
Rédaction: PHI en collaboration avec la LAS Art Foundation
Autobiographie d’un poulpe et autres récits d’anticipation, Vinciane Despret
L’arbre sans fin, Claude Ponti
La sagesse des lianes, Dénètem Touam Bona
Octavia’s Brood, ed. Adrienne Maree Brown & Walidah Imarisha
De la marge au centre – Théorie féministe, bell hooks
The Abyss Stares Back: Encounters with Deep-Sea Life, Stacy Alaimo
Peuples des abysses – La grande migration verticale
Plus brillant que le soleil. Aventures en fiction sonore, Kodwo Eshun
The Book of Drexciya, Volume One, Abdul Qadim Haqq
Underworlds: A Compelling Journey through Subterranean Realms, Real and Imagined, Stephen Ellcock
Art Forms from the Abyss, Ernst Haeckel
Contes des sages d’Amazonie, Pierre-Olivier Bannwarth
Contes diaboliques d’Haïti, Mimi Barthélémy
Soirées au village – Contes du Cameroun, Gabriel E. Mfomo
Aux origines du monde – Contes et légendes du Cameroun, Didier Reuss-Nliba & Jessica Reuss-Nliba
Kindred, Octavia E. Butler
La danse de l’eau, Ta-Nehisi Coates
À perte de mère. Sur les routes atlantiques de l’esclavage, Saidiya Hartman
Wonderama, Hugues Reip, Rodolphe Burger & Vinciane Despret
The Deep, River Solomon
Le discours de la panthère, Jérémie Moreau
Djinns, Seynabou Sonko
Sun Ra: The Immeasurable Equation. The Collected Poetry and Prose, comp. Hartmut Geerken, James L. Wolf (intro.), Sigrid Hauff
Red in Blue, Trilogie, Léonora Miano
Le département de l’éducation offre des visites de groupe sur place pour les groupes de primaire, secondaire, cégep, universitaire, ainsi que pour les groupes communautaires. La visite de groupe peut être combinée à un atelier de création.
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Un atelier de création conçu par l’artiste Stina Baudin en collaboration avec l’équipe éducative de PHI
Visualiser le son à travers le temps et l'espace est offert en lien avec l’exposition swell of spæc(i)es de Josèfa Ntjam, présentée à PHI jusqu’au 10 janvier 2026 et Unité dans la noirceur de Manuel Mathieu présentée à PHI du 23 octobre 2025 au 8 mars 2026.
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La présentation de Josèfa Ntjam: swell of spæc(i)es est réalisée avec le soutien du Conseil des arts et des lettres du Québec.
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