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When disco met angola
Illustration: Chiladen

Quand le disco a rencontré l’Angola

  • Essai
  • Arts
  • Fondation PHI
Par  Zoe Compton Kim Johnson  &  Prakash Krishnan

Thème: Regards: Moments charnières

Dans Disco Angola (2012), Stan Douglas présente le point de vue d’un photojournaliste fictif à travers une série de huit photographies datées de 1974 et de 1975. Présentées en quatre diptyques, les photographies exposent les parallèles observés entre deux événements qui se déroulent simultanément: l’émergence de la scène disco à New York et la période entre la fin de la domination portugaise et le début de la guerre civile en Angola. Inspiré·e·s par les thématiques qui relient ces deux événements apparemment disparates et par le rôle du photojournaliste fictif, les éducateur·rice·s de la Fondation PHI, Zoe Compton, Kim Johnson et Prakash Krishnan, ont écrit le scénario suivant qui contextualise de façon créative les conversations entre le disco et l’Angola grâce à la construction d’un récit fictif contemporain.

SCÉNARIO
Mise en scène: MANHATTAN, PRINTEMPS 2022

Deux étudiant·e·s de l’université de New York traversent la 4e rue Ouest à l’heure du dîner.

Standouglas discoball
Illustration: Juliette Duhé

Hunter: {...} puis Angelo a dit: «Tu dois rentrer chez toi, mon gars». Quoi qu’il en soit, la collecte de fonds à thématique disco pour mon exposition aura lieu samedi soir, mais je ne sais pas quoi ajouter d’autre à la description de l’événement…

Agnès: Tu pourrais peut-être inclure quelques détails sur l’origine du mouvement disco. Par exemple, tu pourrais expliquer qu’il était surtout populaire sur la scène underground auprès des communautés queer et racisées de New York, au milieu des années 70, avant qu’il devienne trop commercial.

Hunter: Oh, c’est comme une version années 70 de la culture ball des années 80 et 90? Il y a eu une sorte d’embourgeoisement du disco?

Agnès: En fait, à l’époque, le pays au grand complet était en récession, mais New York a été particulièrement touchée et la ville est devenue dangereuse pour ses habitant·e·s. Avec le temps, le grand public s’est intégré à la scène disco dans l’espoir d’y trouver une échappatoire à la situation démoralisante. Finalement, le disco est devenu de plus en plus élitiste quand les clubs comme le Studio 54 ont commencé à imposer des frais d’entrée élevés et à refuser l’accès aux personnes jugées moins glamour.

Stan douglas new york angola
Illustration: Juliette Duhé

Hunter: Intéressant. Je vois vraiment un lien avec les débuts de la culture ball et comment, d’un espace «par nous, pour nous», elle est devenue partie intégrante de la culture de masse grâce, entre autres, à la chanson Vogue de Madonna et au documentaire «Paris is Burning». C’est un peu la même histoire qui se répète avec les drag queens, devenues très populaires et répandues aujourd’hui, bien qu’elles ne recevaient que peu de respect il n’y a pas si longtemps.

Agnès: Oh oui, c’est tellement vrai. Le disco, la culture ball et la scène drag ont tous contribué à une plus grande acceptation de la communauté gaie.

Hunter: Totalement! Mes grands-parents raffolaient du disco. Et d’après les photos que j’ai trouvées, ils avaient vraiment l’air de passer un bon moment. D’ailleurs, comment se déroule ton entraînement d’arts martiaux?

Agnès: Ça se passe bien! Ce semestre, nous apprenons la capoeira, un art martial afro-brésilien qui a traversé les frontières au courant de la traite transatlantique des personnes réduites en esclavage. Mon instructeur est vraiment passionné, donc nous apprenons la version angolaise, qui est apparemment la plus traditionnelle.

Hunter: C’est super! En fait, j’ai de la famille d’Angola qui est venue s’installer ici pour un nouveau départ. J’ai toujours voulu y aller… Peut-être que je me ferai ce cadeau après avoir obtenu mon diplôme.

Agnès: Je suis sûre que ce sera un voyage vraiment génial. Connais-tu bien cet aspect de ton histoire familiale?

Hunter: J’en sais trop peu, mais l’Angola a été une colonie portugaise pendant environ 400 ans avant que les Angolais ne se battent pour obtenir leur indépendance au milieu des années 70, à l’époque où ma famille a immigré à New York. Je suis heureux qu’ils l’aient fait parce qu’une guerre civile brutale a éclaté juste après leur départ et a duré près de 30 ans!

Agnès: C’est fascinant. Dire que le disco et la guerre civile en Angola se déroulaient en même temps, de part et d’autre de l’Atlantique…

Hunter: Oui, je suppose que ce n’est qu’un exemple de la façon dont les événements locaux sont interreliés à travers le temps et l’espace.

Suite à la lecture de ce scénario, pouvez-vous penser à un moment charnière de l’histoire qui a eu une grande incidence sur le développement d’une société? Quels en ont été les effets sur la politique, les mouvements sociaux ou la culture populaire?

En quoi ce lien entre la culture disco de New York et la décolonisation radicale de l’Angola nous aide-t-il à mieux comprendre l’autre?

Mouvements

L’outil Mouvements: Stan Douglas est conçu par l’équipe de l’éducation à la Fondation PHI afin d’encourager les visiteurs à développer en profondeur certains concepts clés explorés par l’exposition Stan Douglas: Dévoilements narratifs.

Auteur·trice·s

Zoe Compton
Zoe est éducatrice et chargée de projets à la Fondation PHI pour l’art contemporain. Elle a obtenu une maîtrise en Éducation de l’art de l’Université Concordia, explorant les thèmes de la décolonisation des colons et de l’impact de ses ancêtres sur l’environnement de l’Île-du-Prince-Édouard par le biais d’une thèse axée sur les arts. Sa philosophie d'enseignement est fondée sur la promotion de la sensibilisation à l’environnement et de l’accessibilité, ce qu’elle met en pratique au Centre des arts visuels de Westmount, à l’école d’art Pointe-Saint-Charles et dans d’autres milieux communautaires. Zoe travaille également en tant qu’assistante de programme pour la Commission canadienne pour l’UNESCO, soutenant les responsables de programme dans leur travail pour faire avancer les Objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies avec divers réseaux et partenaires.

Kim Johnson
Kim Johnson est éducatrice et chargée de projet à la Fondation PHI. Elle a complété un baccalauréat en Éducation de l’art à l’Université Concordia en 2016. Kim s’investit dans la démocratisation de l’art visuel à travers ses projets pédagogiques et artistiques au sein de divers centres communautaires et d’institutions culturelles de Montréal, dont le Musée des beaux-arts de Montréal, à titre de médiatrice culturelle. Artiste visuelle, elle puise son inspiration dans les connexions humaines, le féminin et la nature. Kim affectionne particulièrement la peinture ainsi que la linogravure.

Prakash Krishnan
Prakash Krishnan est un chercheur et un travailleur culturel dans les domaines des médias numériques, de l’art contemporain, des archives et de l’accessibilité. Il a obtenu une maîtrise en études médiatiques à l’Université Concordia en 2021 et a rédigé un nombre d’essais, d’articles et de critiques pour des publications internationales. Prakash est éducateur et chargé de projet à la Fondation PHI et travaille avec divers organismes locaux, centres d’artistes et collectifs sur la programmation de la médiation culturelle et l’accessibilité.

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